Mémoire Utopie

par Leone Boukraa

Intéressée par les questions sociales d’actualité et de prise de conscience du monde réel dans lequel nous vivons et focalisée sur le rêve, les idéaux, mais aussi le quotidien et l’apparente apathie face aux drames planétaires qui nous entourent (guerres, injustices sociales, gaspis des ressources naturelles…), mes préoccupations m’ont conduit à m’intéresser à l’harmonie.
Je concevais l’harmonie, comme une tentative de concilier les contraires, tant au niveau personnel que sociétal. En fait j’étais dans une démarche philosophique et utopiste, je me suis intéressée au nombre d’or, aux fractales dans la nature, à la quadrature du cercle, aux mandalas, à l’Homme de Vitruve, au philosophe Plotin, Pythagore, à l’inconscient collectif de Jung, à la méiose, à l’ADN, au microscopique et macroscopique, au chamanisme, au rêve éveillé libre, à la médecine anthroposophique. Puis, en même temps je m’intéressais aux utopies, aux mouvements étudiants de 1968, à la permaculture, au mythe de l‘homme originel dans les religions…
On peut dire que le changement radical et la possibilité du changement est un axe qui me préoccupe. C’est pour cela que je me suis intéressée à l’utopie.

L’utopie est une projection mentale sans contraintes d’une société imaginaire censée répondre à des problèmes réels et ayant à priori le bonheur commun pour objectif.
Le théâtre, le cinéma, la littérature, l’architecture, la musique, la danse, tous les arts expriment une utopie. Ils permettent comme l‘art: non seulement de montrer comment est le monde, mais aussi pourquoi il est ainsi, et comment on peut le transformer.
Alors que l’utopie a pour vocation de projeter un idéal social et non de le réaliser.
L’ouvrage de Yona Friedman appelé « utopie réalisable » étudie comment concrétiser une utopie.

Quelle utopie pour le monde d’aujourd’hui et comment la mettre en œuvre?

« Les nouveaux chiens de garde » présentent le pouvoir et les médias, journalistes et experts comme gardiens du pouvoir en place. Ils ne remettent pas le système en place pour l’améliorer et veulent au contraire garder le pouvoir et leurs avantages.
Se foutant ouvertement de la gueule du peuple, la solution serait de faire à nouveau une révolution. Mais ils sont organisés et partout. Ils sont au pouvoir, ils contrôlent l’information. Il y aurait beaucoup de personnes à écarter du pouvoir, qui ne se laisseraient surement pas faire, du coup les conséquences pourraient être comme en 1789, très sanglantes.
Je ne veux pas de cela, je pense que la révolution si il doit y en avoir une, doit se faire dans la joie. Car la colère n’apporte jamais rien de bien. Elle empêche de se contrôler et provoque des actes irréparables, violences, destructions, erreurs, terreurs… Le cas de 1789 ou 1968 en sont des exemples. Les révolutionnaires opéraient de la même manière que leurs ennemis ne donnant pas envie aux plus réfléchis de s’allier au mouvement.
Il faudrait une révolution communicatrice qui donne envie aux gens de s’allier au mouvement. Et que l’ambiance (joyeuse) permette aux gens de maintenir l’effort sur le long terme pour changer le système profondément.

Comment créer une révolution joyeuse, créatrice et sur le long terme?

En convoquant tous les corps artistiques, en donnant les clés à chacun pour s‘exprimer dans un ou plusieurs arts. Que tout le monde puisse développer son imagination et avoir de nouvelles idées pour cette société. Tous les arts devraient être gratuits et mis à la portée de tout le monde.
Abolition du droit d’auteur, copyright, brevet et mise à disposition gratuite et libre de toute forme de création, savoir faire et innovation technique.
La création se ferait idéalement dans des lieux ouverts ou dans la rue sans limite entre le public et les artistes, pour que l’échange soit possible. Il faudrait que les artistes donnent une plus grande part à la participation du public. Jusqu’à les laisser faire ensuite pour qu‘ils créent à leur tour.
Il faudrait que la société toute entière soit transformée pour permettre la diffusion des idées.
DIFFUSION DES IDEES
Par exemple utiliser les rues des villes pour diffuser et partager des idées: rue de l’utopie (toutes les utopies et les idées se rapportant à ce sujet), rue de la liberté… Renommer les rues en fonction des besoins de la société pour se construire. On se promènerait dans les rues pour lire les idées des autres et donner les nôtres. On visiterait d’autres villes pour voir les idées de ses habitants, qu’est-ce qu’on pense dans le sud, dans le nord…
Les journaux, pourraient être utilisés pour collecter et transmettre les idées de ces lecteurs.  Les journalistes trieraient les messages de ces lecteurs et écrire des papiers avec ou les inscrire intégralement.
Les moyens de communications comme la Poste pourraient être gratuits: le remplacement du timbre par une idée inscrite sur l’enveloppe par exemple. Les boites aux lettres pourraient être un réceptacle d’idées.
Il faudrait repenser tous les corps sociaux.
Les transports pourraient être gratuits pour permettre la diffusion des idées et des gens qui les transportent, permettant le regroupement et la fusion des idées. Les voyageurs pourraient participer en échange de la gratuité à prendre soin du matériel, ranger, nettoyer après leur passage pour réduire le temps de travail des agents qui assurent le transport.
Le but étant de libérer tous les corps sociaux, pour leur permettre d’avoir du temps pour se consacrer à la vie politique et à leur rôle de citoyen.
Si les politiques n’ont jusqu’à maintenant utilisé leur fonction que pour se créer des avantages et garder le pouvoir, nous devons leur retirer et le redonner à chaque citoyen. Autrement dit il n’y aurait plus de pouvoir du tout, plus de dirigeants, plus d’autorité.
La démocratie et ses idées d’égalité, de fraternité et de liberté sont corrompues par le pouvoir et l’argent. Car ces deux choses excitent les bas instincts de l’homme…
Il faudrait effectuer un temps d’arrêt de la production et de toute forme de travail afin de réfléchir.
Au moins dans un premier temps, pour avoir le temps de réfléchir et trouver des solutions au sens de la vie et le rôle de l‘humanité. Tout ce qui serait produit serait réduit au strict nécessaire. Remettant en marche les entreprises jugées nécessaires.
La seule solution serait donc d’abolir le pouvoir et l’argent totalement.
Faire signer un contrat à chaque citoyen l’engageant à fournir un temps minimum de travail pour faire fonctionner cette société et en échange il pourrait jouir de tous ces services gratuits. L’abus ou le non respect des règles conduirait à son exclusion, par exemple.
Les tâches ingrates ou difficiles seraient ré imaginées, redistribuées.
Par exemple, les personnes qui voudraient aller au restaurant devraient se faire à manger eux-mêmes. une nouvelle voiture ou une maison n’auraient qu’à la faire elle-mêmes, elles pourraient apprendre comment la faire et jouir du résultat d’autant plus que c’est elle qui l’auront fait et qu’elle en auront vu toutes les étapes difficiles.
Le recyclage et la réparation seraient d’usages.
Les logements seraient gratuits également.
La nourriture aussi, disponible dans les supermarchés.
On encouragerait la préservation de la nature en développant tous les transports non polluants libres et gratuits. Les produits et machines polluantes seraient payantes quant à elle moyennant plus d’heures de travail dans des postes écologiques contrecarrant les conséquences de la pollution.
Le travail serait repensé stimulant et écologique.
Les villes et leurs rues seraient réaménagées en jardins ou pousseraient les légumes et vivraient des animaux. On pourrait utiliser la technique de la perma culture qui est longue à mettre en place, créant un microcosme dans son jardin ou vivraient en harmonie plantes et animaux, chacun ayant sa fonction de régulation, mais qui permet ensuite presque pas de travail.
Si tout était gratuit, les choses si chères qui ont de la valeur à nos yeux actuellement perdraient peut être de leur engouement. Je pense au caviar, que l’on aime peut être seulement parce qu’il est rare et cher.
On pourrait aller au cinéma gratuitement, il n’y aurait qu’une personne qui travaillerait projetant le film. Le personnel serait très réduit car il n’y aurait pas besoin de récolter et compter l’argent ou faire le ménage par exemple. Les citoyens auraient pour obligation d’être propres et de ranger après leur passage pour que le personnel du cinéma ait le moins de travail possible et donc qu’il puisse jouir d’un temps libre maximal.
Chacun aurait un temps minimum de travail à effectuer, avec un roulement très rapide pour connaitre toutes les conditions de travail et apprendre sans cesse. Pouvoir améliorer les conditions ou avoir une vision globale des choses et pouvoir transformer la société en mieux. Ou même se mettre à la place de celui qui travaille pour éveiller les consciences. On pourrait effectuer ce travail librement dans le temps. Par exemple, il pourrait se faire étalé sur plusieurs journées, ou une journée chargée, plusieurs mois ou années pour jouir ensuite de périodes de liberté plus au moins grandes adaptées au désir de chacun.
Pour les métiers qui mettent du temps à s‘apprendre comme le métier de médecin, on apprendrait depuis petit, à l’école comment se soigner individuellement par les plantes, pour que le médecin ait peu de travail et qu‘on lui rende sa liberté. C’est connu, il n’y a pas meilleur médecin que soi même. On pourrait utiliser la connaissance des chamans pour devenir tous chaman ayant le savoir des plantes pour pouvoir se soigner seul.
L’éducation et le système éducatif seraient transformés. On apprendrait à développer l’autonomie de chacun, à être libre totalement aussi bien dans l’esprit et dans le corps. On nous donnerait les clés pour être toujours heureux et joyeux. On apprendrait à s’exprimer dans les arts.
On apprendrait l’empathie pour prendre toujours soin des autres. Le but de chacun étant de prendre soin des autres et de la société. De vouloir toujours le bien. Le but de l’éducation ne serait plus de transmettre le progrès mais les clés du bonheur et de la sagesse.
Il faudrait penser comment entretenir la recherche.
Mais dans un monde où chacun serait heureux et voudrait le bien des autres ne pouvons nous pas imaginer que les hommes tomberaient moins malades, qu’ils resteraient plus jeunes plus longtemps…
Actuellement, pour des questions économiques, la population est empoisonnée doucement par les produits chimiques introduis dans les aliments.

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